« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

mercredi 5 décembre 2007

Le confessionnal des urgentologues

J’ai été déçu hier par un de mes meilleurs ministres du gouvernement libéral. Celui de la justice, Jacques Dupuis, qui a fermé la porte au nez du Dre Catherine De Montigny, une urgentologue qui en a assez de voir des récidivistes d’alcool au volant venir se faire soigner dans le secret après leurs accidents qui ont passé au travers du filtre policier.

Pour M. Dupuis, il est inconcevable qu’un médecin viole le secret professionnel auquel il est attaché. Pourtant, lorsque tu arrives à l’urgence avec une balle dans le corps, une enquête est immédiatement lancée et le dossier est remis aux autorités. Même chose pour un cas d’inceste ou de menace de mort. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’alcool au volant ?

Avec tout ce qu’on sait aujourd’hui, prendre sa voiture entre deux hic, c’est grave. Si la justice au Québec se décidait à voir la conduite en état d’ébriété en tant que tentative de coups et blessures ou pire tentative de meurtre, madame l’urgentologue n’aurait pas à faire la leçon au ministre. À quel prix doit-on respecter le secret professionnel devant un gros salaud qui roule de gauche à droite de la rue, en quête d’un enfant en bicyclette à faucher ? Doit-il s’en sortir si c’est un poteau qu’il frappe au lieu d’une mère enceinte et qu’il se rend par lui-même à l’hôpital… en voiture ?

L’argument qu’on m’a mentionné dans le camp de ceux qui cherchent toujours à tourner la médaille comme si rien était blanc, ni noir, dans la vie, c’est que ces criminels refuseraient d’aller se faire soigner après leur accident. Qu’ils meurent au bout de leur sang, je préfère prendre le risque qu’ils aient peur de se faire dénoncer en rentrant à l’urgence qu’ils le fassent, se fasse soigner et retournent dans le bar noyer leur peine avant de reprendre le volant et là… tuer quelqu’un.

Dans l’équation de la justice, il y aura toujours quelqu’un de désavantagé, peu importe de quel côté on regarde la chose. J’aimerais bien qu’on s’arrange pour que ce soit toujours celui qui enfreint la loi paie.

Documentation:
Le ministre Dupuis rejette la levée du secret professionnel , Cyberpresse
Alcool au volant : Une urgentologue dénonce les récidivistes , Matinternet

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Il fut une époque où on envoyait un homme aux galères pendant des années pour avoir voler de quoi manger....

Maintenant les criminels ont des droits et les victimes doivent s'arranger avec leurs troubles.

Jamais assez intelligents pour avoir un juste milieu et on nous appelle 'race supérieure'