Une étude de l’Université de Montréal nous apprend aujourd’hui ce qu’on savait déjà. Les jeunes et la politique, ça fait deux. Une génération qui tarde à s’intéresser aux journaux qui iront voter tout croche ou n’iront pas, deux options dangereuses pour tout ce qui se rapproche de la démocratie. 41 %, c’est la moyenne obtenue par les jeunes québécois de 15 à 25 ans lorsqu’on leur a posé 7 questions élémentaires sur la politique fédérale, dont le nombre maximal d’années pouvant séparer deux élections canadiennes (3, 4, 5, 6 ou autre ?).
Échouant cette dernière question, cette portion de la jeunesse ne s’indignerait donc pas de voir que son Gouvernement ne le consulte plus après 7, 8 ans au pouvoir. Pitoyable dites-vous ? On dit souvent qu’après une tragédie nationale, comme un génocide, ça peut prendre jusqu’à 2 ou 3 et même 4 générations avant que les plaies ne soient plus suintantes. La génération Y, la mienne, est peut-être trop éloignée de l’absence de démocratie, ne sent plus le besoin de la réclamer. S’acquitter de son droit de vote n’a jamais été aussi difficile, le taux de participation aux élections m’aurait fait pleuré si ça avait été mon mariage. Tant de faire-parts, si peu de réponses. Est-ce peut-être la faute des politiciens qui nous désintéresse par leur manque de fraîcheur, même les nouveaux à l’opposition qui déçoivent. Observer Jean Charest arracher avec ses dents la jarretelle du lys, j’avoue qu’il y a peu d’élégance.
J’ai deux questions philosophiques par rapport au résultat de cette étude prouvant que la politique est méconnue par nos jeunes québécois. Commençons par la première.
Est-il de l’intérêt d’un gouvernement au pouvoir que de vouloir éduquer sa population ?
Sur le coup, vous avez dû répondre oui, tout comme je l’aurais fait. Ce matin, voyons la question sous un autre angle. Un parti comme celui de Stephen Harper, très habile pour se sortir des terrains glissants et respectant ses promesses électorales, se donnant un bon bilan pour devenir majoritaire aux prochaines élections, veut-il tant que ça améliorer les connaissances de ses électeurs par rapport à la politique fédérale ? Dans la situation actuelle, il a le plus grand nombre de députés aux communes et mène dans les sondages. Et si tout le monde savait, la situation serait-elle identique ? L’exemple de Harper, c’est parce qu’il est actuellement à la tête du pays, mais il est bon aussi pour les anciens leaders du Parti Libéral. Quand leurs intérêts contrôlent le pays, ont-ils avantage à faire un changement dans la population qui pourrait les envoyer dans l’opposition ? C’est la même chose lorsqu’on parle de la réforme du mode de scrutin vers les proportionnelles. Qui aura le courage de le faire ? Ce sera toujours un risque pour le gouvernement en place, qui aura toujours le choix de le prendre ou non. Autre question.
Est-ce que d’être distincts nous rend inculte en la matière ?
L’éducation étant de juridiction provinciale, il est à Québec le pouvoir d’enseigner la politique. La politique provinciale, municipale, fédérale, internationale et lorsque ce sera approprié, interplanétaire ! Le constat de cette étude, c’est qu’on a pas assez montré cette politique canadienne à nos jeunes québécois. Vous me direz que c’est encore pire quand on compare la moyenne québécoise de 41 % à celle du Canada tout entier à 37 %. Vous avez raison. Mais tant qu’à être distinct, ne nous contentons pas de faire mieux à 4%, à deux pieds dans la marge d’erreur. On a intérêt à enseigner l’actualité très tôt dans les écoles. L’habitude de mettre le nez dans le journal doit être prise au primaire. Aux dernières nouvelles, la moitié de nos impôts se rendait toujours en courrier express au 24, Sussex drive.
Documentation :
Ignorante jeunesse, Jean-Philippe Pineault, le Journal de Montréal, page 7
mardi 11 décembre 2007
La démocratie en danger
Publié par
~LeWISTYLE~
à
08:14
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire