« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

mercredi 7 novembre 2007

La Déesse et le Béesse

Petite histoire aujourd'hui : celle d’une jeune femme qu’on va nommer Ariane et d’un monsieur qu’on va nommer Henri. Ariane est travailleuse sociale, Henri est assisté social. 2 " vocations " bien différentes avec quelques points en communs. Récitons-les à l’instant. Les deux reçoivent un salaire et le dépensent. C’est tout, pour le reste, il s’agit de deux mondes entièrement différents.

Avant de poursuivre, j’aimerais envoyer un message à ceux qui ne veulent rien savoir de critiquer le système de l’aide sociale, ceux qui après mon premier paragraphe me détestent déjà. Je ne suis pas fermé à l’idée de conserver ce programme qui à mon avis, est essentiel pour une partie des quelques 300 000 Québécois sur l’aide social. Qui sont-ils, ceux à qui je continue d’envoyer un chèque ? Ils s’appellent Denis, vivant une conditions physique l’empêchant de travailler pour une période donnée, Louise, qui élève seule une famille de 3 enfants, mais ne s’appellent pas Henri, vedette de notre histoire d’aujourd’hui.

Il n’a pas encore vraiment trouvé sa voie dans la vie. Après avoir cessé d’espérer avoir son diplôme d’études secondaires sous la boucane d’un cocktail tabac/marijuana, il fini par s’habituer à ce que le début du mois lui apporte : la jouissance, obtenue sans effort, d’un salaire qu’il n’a pas mérité. Ce n’est pas suffisant pour lui garantir une alimentation saine pendant tout le mois, mais c’est le prix à payer pour être un salarié de l’État sans avoir à travailler pour. Au pire, Henri a quelques contacts : des petites jobines dans le sous-sol d’Ariane qui lui donne quelques sous, ces derniers qu’il aura oublié de déclarer à l’impôt.

Ariane travaille à plein temps à l’hôpital. Pas toujours facile d’arriver à temps à la garderie, avec ses horaires disproportionnés. Également pas toujours évident d’arriver en même temps que tout le monde à la fin du mois, avec son faible salaire, le remboursement de ses prêts et bourses et tout ce qui vient avec la jeune famille. Elle a de l’ambition et parvient tout de même à aimer la vie en jetant un regard sur toutes ses chances, ses réussites, ses enfants. Ariane et Henri, la déesse et le béesse, sont partis du même endroit. Lequel mérite le plus votre respect, sachant que vous payez le salaire de ces deux individus ?

La réponse à ma question n’est pas très compliquée. Encore là, je souhaite enlever un peu de pression sur les poings serrés des gens issus du monde communautaire qui sont peut-être en train de lire ce message. Ce texte n’aboutira pas vers la proposition d’abolir l’aide sociale. Je pense seulement qu’il faudra bientôt tracer une ligne chez ceux qui en bénéficient et encourager davantage le retour au travail des membres du groupe qui le peuvent, car il y en a. En attendant qu’un employeur daigne embaucher Henri, pourquoi ne pas lui demander d’effectuer quelques petites tâches pour que celui-ci continue de recevoir son aide gouvernementale ? Jeff Fillion sur ses ondes à Radio-Pirate lance souvent l’idée d’envoyer mon fictif Henri sur le bord des autoroutes pour nettoyer et passer le « weed-eater ». Pourquoi pas ? Il y en a des tonnes de petites tâches comme celle-là qui pourrait être effectuées. Après ça, on pourrait songer à faire ce que les organismes contre la pauvreté demandent, soit augmenter les prestations. Ça se fait déjà au Japon, selon un ami bien informé. Là-bas, il parait qu’on demande aux assistés sociaux d’ouvrir des portes, de ramasser les trottoirs, etc. J’aurais aimé vous apporter une source à cette information, mais ma recherche s’est soldée par un échec. Messieurs dames du jury, veuillez ne pas prendre en compte ma dernière remarque.

Notre problème au Québec, le vrai déséquilibre fiscal, c’est que nous n’avons pas assez de contribuables, notre démographie étant décroissante. Nous n’avons donc pas le luxe de pouvoir nous permettre qu’autant de Québécois soient assis sur leur steak Angus alors que les Arianes travaillent fort pour leur payer dépenses et soins de santé. Encore l’été dernier, les cultivateurs de canneberges dans la région de l’Érable ont dû embaucher des Mexicains. Travail ardu certes, mais ça en dit beaucoup sur l’allergie de la sueur au front qu’ont les Québécois sans boulot. L’assistance sociale ( terme au féminin ) pour plusieurs qui en profite depuis trop longtemps, c’est de l’acquis. Qu’est-ce qu’on fait avec une femme qu’on prend pour acquise ? En effet, on la néglige.

Dernièrement, on parle également de la pauvreté de la langue française et j’irais même plus loin, la pauvreté de la connaissance générale. Nos Henri qui refuseraient d’aller s’accomplir de nos menus travaux dont j’ai parlé plus haut pourraient être placés devant l’obligation d’aller assister à quelques cours afin de se mettre à niveau, pour obtenir leur précieux chèque. Avec comme devoir à faire à la maison : la lecture de plusieurs journaux et l’écoute de bulletins de nouvelles différents (pas seulement ceux qui précèdent et succèdent la Poule et l’Banquier). On leur donnerait une chance de plus d’être au courant des vrais enjeux de la société et pourquoi pas, par miracle, l’envie de retourner aux études dans l’ultime but de terminer leur secondaire ou se parfaire dans un domaine professionnel ou technique. N’est-ce pas une bonne idée Henri ? Et toi Ariane, pas écœurée de payer ?

mardi 6 novembre 2007

Passez-vous le test ?

Si nous respections la logique de l’immigration, ce matin, nous devrions expulser des frontières canadiennes 28 des 30 millions d’habitants qui peuplent notre nation. La raison ? Nous ne sommes pas en mesure, nous-même, d’obtenir la note de passage à l’Examen pour la Citoyenneté.

C’est l’excellent reportage d’Alysson Ouellet sur le réseau TVA hier à partir de CJPM télévision au Saguenay qui m’a inspiré ce matin. Pour poursuivre votre lecture, vous devez tout d’abord aller jeter un coup d’œil en cliquant ici.

En le consultant, vous avez vu monsieur madame tout-le-monde (un beigne avec ça ?), des étudiants en histoire, la directrice générale de la Société Historique du Saguenay et même un Ministre du Gouvernement Conservateur avoir de la difficulté à répondre aux questions que l’on pose aux immigrants. Le premier réflexe est de s’avouer trop sévère envers les nouveaux arrivants. Faux, complètement faux !

« Quel groupe autochtone forme plus de la moitié de la population des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut? »
Cet examen est la meilleure façon d’intégrer ceux qui aspirent à devenir "nouveaux-canadiens" à notre culture nos débats, notre histoire et à notre géographie. C’est un prétexte pour éduquer ceux qui arrivent pour leur donner toute les chances. J’allais dire « les mettre à niveau », mais non, ils en connaissent beaucoup plus que nous sur le Canada, à la sortie de cet exercice, si ceux-ci ont mis l'effort necessaire. C’est en même temps un excellent filtre pour garder les immigrants qui veulent vraiment faire du Canada leur terre d’accueil et renvoyer chez eux ceux qui débarquent pour des intentions obscures. Ce n’est pas la seule protection dont il faut se doter, mais s’en est une première.
« Nommez les trois industries qui ont aidé les premiers colons à fonder des collectivités dans la région de l’Atlantique? »
Les immigrants qui se préparent au test doivent effectuer des recherches dans les livres et sur le merveilleux outil nommé Internet. Ils doivent aussi questionner les gens autour d’eux. Si vous avez bien écouter le reportage d’Alysson, vous avez été probablement surpris par le taux de succès de l’Examen pour la Citoyenneté canadienne. L’an dernier, 217 000 personnes ont aiguisé leur crayon pour le passer, 196 000 l’ont réussi. Les quelques 20 000 autres en échec auront eu par la suite la chance de se reprendre, j’imagine. Je ne parirais pas la chemise que je porte aujourd’hui sur le taux de réussite si 217 000 Canayens de souche avaient été questionnés.
« Nommez trois garanties juridiques protégées par la Charte canadienne des droits et libertés. »
Rassurez-vous, j’étais ironique en introduction. Je ne souhaite pas réellement chasser du Canada les familles qui y habitent depuis des générations, qui n’auraient pas les connaissances requises pour conserver leur Citoyenneté. Je crois qu’il faut se pencher sur ce problème. Connaissons-nous suffisamment notre pays ? Si la réponse est non, pourrions-nous avoir le même réflexe que le Ministre du Travail Jean-Pierre Blackburn et avoir le goût de plonger son nez dans un livre pour trouver les réponses ? Encore là, même plus besoin d’un livre en 2007. Je vais faire la recherche pour vous en deux secondes.
  1. D’où vient le nom Canada ? Réponse ici
  2. Quelle est la seule province canadienne bilingue ? Réponse ici
  3. Comment appelle-t-on la tour de l’édifice du Centre sur la Colline du Parlement? Réponse ici
Vive Internet. Servons-nous de cette belle technologie pour donner un Canada 101 aux immigrants… et aux Canadiens d’origine canadienne. Aujourd’hui, consultez les questions de l’Examen pour la Citoyenneté et faites quelques recherches dans Google pour y répondre ! Bonne journée....

LP

Documentation:
Examen pour la Citoyenneté
Reportage d'Alysson Ouellet, CJPM-TVA

lundi 5 novembre 2007

Un cadavre, un enterrement et 10 caméras

La mort de la petite Bianka, 3 ans, la semaine dernière dans des circonstances qui nous ont fait serrer les poings, n’a laissé personne indifférent. Ni vous, ni moi. Les doigts me grouillaient d’écrire sur ce sujet pour lancer des accusations à gauche et à droite, mais j’ai préféré opter pour la patience. Pas que ma colère s’est dissipée au cours du week-end, mais par respect pour la famille en deuil. Ce blogue n’a réellement aucun impact, n'est lu que par un nombre infime de personnes que je remercie, mais malgré tout, je souhaite montrer l’exemple. Un pied de nez aux grands médias qui pensent qu’un débat perd de l’intérêt plus le corps du cadavre perd de sa chaleur. Avant de donner mon opinion là-dessus, c’était prioritaire de laisser la poussière retomber. Au lendemain de la tragédie dans les journaux, on avait la photo de Bianka, le récit des événements et ce qui était de trop : les commentaires d’un attaché de presse du Ministre de la Justice Jacques Dupuis, déjà porté à la défense des forces policières. On pleurait la petite, peu importe ce qu’on pense, on le garde pour soi. Surtout justement parce que le manque de présence policière dans ce secteur est peut-être directement lié à ce qu’il s’est passé.

Attention, je ne suis pas de ceux qui ont comme discours qu’une patrouille sur cette rue du quartier résidentiel de l’Île Perrot en banlieue de Montréal aurait changé quelque chose. Des jeunes écervelés qui célèbrent leur 18e anniversaire en devenant criminel au volant, il y en a dans toutes les rues. Nous n’avons pas assez d’Impala modifiés en chars de police pour couvrir toutes les rues et avenues du Québec, ni de franchisés de Tim Horton pour en ouvrir dans tous les quartiers, offrant le café gratuitement aux forces de l'ordre. Il faut quand même saisir les messages lorsqu'ils sont lancés. À peine 2 semaines avant le mortel accident, un cri du cœur lancé par une vingtaine de municipalité était publié dans tout ce qu’il y a de journaux au Québec. Depuis 2002, la loi 19 oblige les municipalités à se doter d’un nombre suffisant d’effectifs pour faire régner le respect de l’ordre. Les villes n’ayant pas les ressources ont fusionnés leurs autorités policières au grand réseau de la Sûreté du Québec. Aujourd’hui, la SQ est présente dans plusieurs villes du Québec, notamment au Lac-Saint-Jean, à Victoriaville et à l’Île Perrot, où les contraventions ont dramatiquement baissées, passant de 358 130 $ en 2001 à 81 547 $ en 2003. C’est un bon indicateur. Où sont les agents de la SQ ? Sur la 20, la 10, la 40… là où les gens roulent à 120, 130… et même plus.

Je suis d’avis qu’on roule beaucoup trop vite sur nos grands axes routiers. Mais Bianka ne décorait pas le bord de l’autoroute pour l’Halloween lors de son décès, mais la cours arrière de sa maison, là où les jeunes cons ont fait une sortie de route (ou de rue) alors qu’ils bauchaient. Faire la course sur l’autoroute, dans une zone industrielle à minuit le soir, c’est regrettable et interdit. Dans un secteur résidentiel en après-midi, c’est débile. Nous demeurons tous dans une maison ou un appartement situé à côté d’autres maisons et d’autres appartements. C’est notre point en commun ! Nous pouvons donc tous sortir maintenant la tête de la fenêtre donnant sur la rue. Bien peu d’entre nous verrons une voiture blanche inspirant le respect avec des gyrophares bleus/rouges sur la tête. Où sont-ils ? Sur l’autoroute. Monsieur le Ministre Dupuis, ou un de ses cravatés attachés, vous qui avez un lien direct avec la SQ qui a remplacé la police qui avait un lien encore plus direct avec les municipalités, révélez-nous la vraie mission confiée à vos hommes en uniforme (fantasme de la Ministre des Finances ?). Faire de l’endroit où l’on vie un endroit plus sûr, ou collecter des impôts sur les grandes artères ? Autre question choque : qui sont les vrais criminels au Québec, les voleurs, les violeurs et les violents ou bien les gens qui roulent à 120 dans les zones de 100 ?

L’amour à distance m’ayant régulièrement conduit sur l’autoroute Jean-Lesage m’a dernièrement coûté cher en tickets. J’en dois actuellement beaucoup au Ministère de la Justice, moi, un homme honnête qui fait ce qu’il peut pour se nourrir adéquatement et avoir un toit sur la tête. J’ai parfois l’impression que des petits vendeurs de pot s’en sortent mieux !

Voici mon hypothèse ce matin. Les percepteurs d’impôts de la SQ s’installent sur les « U TURN » des autoroutes, actionnent leur radar et coincent des conducteurs roulant à 135. Le bilan de l’argent collecté par les agents versus leur temps de travail et l’essence brûlée est bien plus rentable pour le Gouvernement. Fin de l'hypothèse. Entre vous et mois, nous faisons beaucoup plus attention à notre vitesse sur ces axes, parce qu’on connaît le risque d’être arrêté, il est bien réel. Mission accomplie, maintenant, pourrions-nous passer à la deuxième étape et renforcer la présence policière dans les zones scolaires, les quartiers résidentiels et surtout, les routes à trois chiffres parcourant des chemins sinueux dans les régions périphériques, là où plus d’accidents mortels causés par la vitesse surviennent année après année ? 120 sur l’autoroute, il n’y a rien là, mais 120 kilomètres à l’heure sur une route limitée à 90 avec de nombreux virages serrés et surtout la possibilité de faces à faces avec une autre voiture qui roule à 120 ou un gros trophée de chasse à lourd panache traversant la chaussée, c’est une autre chose.

Ça demande davantage d’efforts aux policiers et plus de kilométrage au compteur des auto patrouilles, mais c’est légitime. On est rendu là, en fait, on était rendu là hier, on est en retard. Si la SQ mobilise ses effectifs sur les autoroutes au détriment des villes en périphérie, qu’on revienne aux Sûreté municipales, la facture ne sera jamais trop élevée lorsqu'il est question de sauver des petites Bianka, 3 ans. En passant, si c’était arrivé à ma petite Alyssa, merveilleuse fille de mes amis Vanessa et Kevin, il aurait fallu me mettre la camisole de force pour ne pas que j’aille nous faire justice auprès de ces jeunes abrutis, à coups de pelle ronde.

Pour en revenir aux médias…

J’ai débuté mon commentaire d’aujourd’hui sur la couverture chevronnée des médias sur la mort tragique de Bianka. Sachez que j’ai fermé mon téléviseur tout le week-end pour ne pas tomber sur les funérailles en direct sur tous les canaux. Je me suis loué 3 tonnes de copies chez Vidéotron (paradoxalement) et j’ai collé ma copine. Malheureusement, les funérailles ne se sont pas encore déroulés, je tomberai donc par hasard cette semaine sur la couverture exclusive des pleures de la famille de Bianka à LCN en surveillant les nouvelles, mon travail dans l’actualité l’oblige. Quand ça arrivera, faites comme moi, devenez un auditeur de moins pour leurs sondages et pesez sur le power off du plasma. Ça en fera un de moins à suivre la couverture de la comédie: Un cadavre, un enterrement et 10 caméras.

LP