Julie Boulet, députée du Gouvernement Charest, porte à merveille son nom de famille. Une fois de plus hier, on a appris qu’elle s’est mise les pieds dans les plats. Pas surprenant de la part d’une pharmacienne promue au titre de ministre des transports du Québec. Depuis le début de son mandat à ce poste, elle multiplie les gaffes. La dernière en lice : l’annonce des détails de son projet de loi sur la sécurité routière. Le taux d’alcool au volant maximal passant de 0,08 à 0,05, la vitesse plus pénalisée, le cellulaire interdit sauf pour le main-libre et l’installation de cinémomètres sur les grands axes routiers sont parmi les mesures mises de l’avant pour sauver des vies. D’excellentes nouvelles si vous voulez mon avis.
L’incompétence flagrante de la ministre va peut-être faire en sorte que ces nouveaux règlements devront attendre avant de prendre d’assaut les routes. Pourquoi ? Parce que le projet de loi était annoncé en conférence de presse aux médias avant même d’avoir été déposé sur la table des députés de l’Assemblée Nationale, qui ont en tant qu’élu un droit de première consultation. C’est le leader du PQ François Gendron qui a souligné cette impair de la pharmacienne des transports, une bagatelle vous me direz, mais tout de même un défaut de procédure majeur ayant la conséquence de retarder ce qui sauvra la peau de plusieurs Québécois, un peu comme si on avait remis en liberté un tueur en attendant la suite de son procès repoussée dans le calendrier. Cela pourrait quand même conduire à ce que je souhaite, un remaniement mono-ministériel.
Le chien de garde
Depuis 1 an et demi, j’anime quotidiennement une émission d’actualité dans laquelle je dois interroger régulièrement la gente politique. J’ai rejoins par téléphone ou reçu en studio plusieurs ministres par le biais de leur attaché politique avec qui je planifie les rendez-vous. Habituellement, avec un peu de patience, les retours d’appels sont concluant et l’entrevue est ajoutée à l’horaire. C’est évident pour tous les ministres et même le premier, sauf pour celle qui est aux Transports. Je me suis buté plusieurs fois à Daniel Desharnais, un attaché politique aux airs de chien de garde qui protège Julie Boulet des questions embarrassantes. Pas embarrassantes pour quelqu’un de bien informé dans le domaine de la sécurité routière, mais pour une pharmacienne, j’imagine que ça ne doit pas être facile. Lorsqu’il sera Premier Ministre, j’espère que Mario Dumont ne choisira pas comme ministre responsables des aînés le député dans Marguerite D’Youville, Simon-Pierre Diamond, le cadet du Parlement, âgé de 22 ans et 1 mois en date du 26 mars 2007. Philippe Couillard à la santé, bien que gratte-papier d’hôpital loin des urgences avant son entrée en politique provinciale, est crédible dans son rôle. Autre exemple : Christine St-Pierre à la culture. Pour les transports, nous aurions pu espérer un ancien policier, un ingénieur ou une personne très impliquée dans la cause de l’alcool au volant, favorable au Parti Libéral du Québec. Ça relance par contre le débat entourant le faible salaire des députés, qui n'attire pas les professionnels du secteur privé vers la politique, quittant leur travail pour aller brûler leur nom dans un parti pour un ou deux mandats.
Revenons à notre chien de garde, l’attaché politique de Julie Boulet, monsieur Daniel Desharnais. Il est aussi difficile à rejoindre qu’un ministre. Il y a des attachés de l’attaché, faut le faire. Pour avoir une entrevue avec la ministre des transports, il faut appeler une femme qui nous dit que Daniel Desharnais n’est pas disponible et que son blackberry n’est pas disponible en ce moment, attendre le retour d’appel, rappeler dans l’absence de retour, se buter à cette même femme qui nous dit que le chien de garde est encore en réunion, pour finalement négocier avec elle la demande d’entrevue, en souhaitant qu’elle la fasse parvenir à Desharnais, en espérant qu’il passe le message à la ministre Boulet. Voici la discussion que j’ai eu cet été avec elle, au téléphone, dans la tourmente causée par la liste des 135 viaducs et ponts à inspecter au Québec.LP : Ici Louis-Philippe Guy de Passion Rock à Victoriaville, c’était au sujet de l’entrevue dont on s’était parlé
Ça s’est arrêté là, j’ai reçu plus tard un retour d’appel de monsieur Desharnais qui me demandait d’attendre que Julie Boulet soit de passage à Victoriaville plus tard dans l’été pour lui poser des questions. Lorsqu’elle débarqua dans les Bois-Francs, mon journalistes et moi n’en avons même pas parlé. Ce ne sont pas eux qui vont nous dicter à quel moment on doit parler d’un sujet, c’est de la manipulation d’information. Je sais qu’ils en font tous.
Une attachée : Monsieur Desharnais n’est pas disponible en ce moment, mais je regrette pour vendredi ce ne sera pas possible, madame Boulet est occupée.
LP : Pas de problème, alors lundi ?
L’attachée, un peu mal à l’aise : Ah… attendez que je regarde… (quelques secondes), malheureusement, on a un empêchement lundi.
LP : Mardi ?
L’attaché, très mal à l’aise : Euh… hum… vous voulez vraiment cette entrevue ?
Pour conclure, les défis sont grands pour le domaine des transports au Québec. Autant les infrastructures sont vieillissantes et les prochaines années seront marqués par une bonne partie des 30 milliards récemment annoncés par Jean Charest et sa ministre des finances Monique Jérome-Forget, autant l’alcool au volant est un enjeu majeur de notre société qui aura coûté la vie de bien des Québécois encore en 2007. Un ou une ministre de qualité à la tête des Transports au Québec, c’est vital pour la suite des choses. Il nous faut quelqu’un de solide, en tout cas plus qu’un viaduc. C’est la prescription que j’irais porter à ma pharmacienne ce matin…
Documentation:
Article de LCN
Recette de la bagatelle
La resse Canadienne - Transport: radars, interdiction du cellulaire et limite d'alcoolémie à 0,05
mercredi 14 novembre 2007
Un Boulet sur notre route
Publié par
~LeWISTYLE~
à
08:43
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12 commentaires:
Madame Boulet a l'effet Boumerang, impossible de s'en débarasser. Mystère.
[En ce qui concerne le projet de loi...]
Foutaise et encore foutaise, ces mesures sont en fait une façon d’aller chercher encore plus d’argent dans les poches des québécois. La sécurité ne pas par le même chemin que notre ministre prend !!
On nomme une riche pharmacienne ministre des transport. A partir du jour où elle est nommée , à moins d,avoir la science infuse, elle ne connaît rien au transport de plus que nous. Comment peut-elle alors faire ce travail ? Elle le peut en ayant des employés capables de le faire.
Ainsi un gars qui n'a jamais lavé la vaiselle peut posséder un restaurant, un gars qui ne sait pas conduit une auto à transmission ordinaire, peut posséder une flotte de camions etc...
C'est valable pour elle comme pour bien des ministres de beaucoup de ministères.Les gens doivent être bien secondé et c'est pourquoi ,ils le sont.
Concernant son erreur d'avoir trop parlé avant le dépôt du projet de loi. C'est une erreur mais simonak c'est pas la fin du monde de ne pas connaître toutes les technicalités.
C'est mon point de vue mais je peux me tromper. Actuellement elle sait qu'elle a fait une erreur et ne veut pass que les journalistes l,écoeurent avec celà, d'après moi.
Les ministres ne décident pas grand chose. Allez voir leurs haut-fonctionnaires et leurs conseillers.
Parfaitement d'accord avec vous. Les ministres ne sont là que pour gérer la partie politique. Donc les médias et l'aspect parlementaire. Le reste, ce qui est plus pointu, ce sont les fonctionnaires qui s'en chargent et ceux-ci restent généralement les mêmes d'un ministre à l'autre.
Dans ces 2 domaines, les médias et le parlement, Julie Boulet a faillit, c'est le propos de mon commentaire d'aujourd'hui.
Elle a fait une erreur technique.
Quand quelqu,un fait une erreur, il n'est pas intéressé à en discuter dans les 1ers instants.Demain ces gens expliqueront qu,ils n'ont pas fait d'erreurs, ils ont été "induits en erreur" , ce n'est pas ce qu,ils ont dit, ils ont été mal interprétés et blabla bla...
Quand ta job c'est de donner des coups de marteau sur un clou et que demain tu oublie de donner des coups de marteau sur un clou, tu n'es plus un donneur de coup sur un marteau.
À Flèche brisée...
Faux. Ces recettes ont été appliquées ailleurs, en France et dans d'autres pays européens. Résultat: presque 50% de diminution de la mortalité routière.
Quand on fait de la moto, je vous assure qu'on se rend beaucoup mieux compte de la dangerosité des automobilistes au téléphone, parce que ça ne pardonne pas en deux roues si on est touché par ces abrutis. Ça fait longtemps que cela aurait dû être interdit. C'est donc une excellente mesure.
Les radars ont été redoutables en Europe. Ils le seront ici, croyez moi. Tu espérais quoi ? Une prise de conscience miraculeuse ? Non bonhomme, ça n'existe pas. Tu vas devoir apprendre à moins boire, et à lever le pied sinon ça va te couter cher. C'est ça qui marche. Et ne vous plaignez pas, en Europe le taux d'alcoolémie toléré va passer de 0,5 à 0,2 en 2010 !
J'ai constaté en l'espace de 5-6 ans une dégradation très nette du comportement des automobilistes québécois. Il fallait y mettre le hola. Les mesures annoncées sont très bonnes et seront efficaces.
En Europe, le marché des GPS a explosé: ils se vendent comme des petits pains. Vous allez à votre tour comprendre pourquoi.
À Ficounet...
Bien d'accord avec toi. il fallait des mesures draconniennes pour rendre les routes plus sécuritaires.
La problématique, c'est que la voiture et ses attributs font partie presque que de notre identité. Vitesse, émotions...On utilise beaucoup la voiture, elles sont l'objet de la vénération de plusieurs.
Beaucoup, surtout des jeunes, s'identifient à leur "char" et à leurs performances. Les gars pensent avoir de plus grosses queues en roulant vite, et plusieurs filles aiment être sur le siège passager des voitures d leurs chums-pilotes. ça fait "bum".
Le retour des cours de conduite est une excellente idée.
Au lieu de mieux faire respecter et appliquer les règles déjà en place, ils rendent les règles plus sévères.
La seule chose que ça va faire, c'est rendre le travail moins long avant de remplir les quotas d'infractions et rentrer puncher la fin de son quart de travail.
La seule bonne chose que je vois, c'est à propos du cellulaire.
Il faut se le dire, l'alcool et le volant ça ne va pas ensemble! En fait, pourquoi on en prend lors d'un repas au restaurant ou ailleurs! Cela peut être pour plusieurs raisons: l'envie de fêter, de relaxer en bonne compagnie, d'oublier les contraintes quotidiennes... nommez-en! Alors si on veut faire ça, il faut se convaincre de ne pas conduire et de prendre un taxi: voilà un attitude qu'il faut adopter. Pour le cellulaire, j'ai vu tellement de fausses manoeuvres causées par quelqu'un qui jase avec son cellulaire en conduisant: passer tout droit à un feu rouge, couper sur une route principale, ne pas avoir remarqué un arrêt obligatoire etc.etc....règlementation oblige ça c'est certain.
Il faut être alerte et présent d'esprit à tout ce qui se passe quand on conduit.
Quand à la ministre Boulet, c'est dommage qu'elle n'ait pas cru bon de suivre la procédure adéquate pour faire passer son plan de sécurité sur les routes et qu'elle n'ait pas compris l'essence même de ce projet qui n'est pas rassembleur puisqu'au Québec, on est un peu délinquant dans ce sens là si l'on se compare avec d'autres provinces ou d'autres pays.
à flèche brisée
Avec les machines à photo radar justement les policiers peuvent être assignés à d'autres tâches que d'émettre des contraventions.
Il faudrait d'abord avoir des limites de vitesse raisonnables et je copierais plutôt les américains que les européens. Ensuite il faut appliquer la loi à la lettre, si un véhicule excède la limite permise par 1 à 10 kmh, amende de disons 100$ pour une première infraction et ensuite l'amende est augmentée par le nombre d'infractions, exemple 200$ pour la deuxième infraction en dedans de disons 2 ans, 300$ pour la troisième, et ainsi de suite.
de 11 à 20 Kmh de plus que la vitesse permise, 300$ d'amende, de 21 à 30 kmh de plus 500$ d'amende, plus de 30 Kmh de plus 1 000$ d'amende, 50 kmh de plus - saisie immédiate du véhicule, permis de conduire suspendu et accusation de conduite dangereuse.
Le nombre d'infractions et de morts/blessés sur les routes diminuerait rapidement.
JMS
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