« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

vendredi 23 novembre 2007

Quand l’équilibre menace le gros bon sens

L’égalité des sexes a été un enjeu déterminant au 20e siècle. Nous sommes maintenant dans un autre siècle, celui où l’interprétation du mot égalité a complètement changé. Je m’explique. Il va de soi qu’un homme et une femme possède une chance égale d’obtenir un poste, mais si deux postes se libère, ça ne doit pas être une évidence que ceux-ci soient comblés par un homme et une femme. J’écrivais hier sur notre société où l’homme avait laissé sa place, notamment dans le système d’éducation. Parlons aujourd’hui de politique, alors que le Premier Ministre Jean Charest se garoche des fleurs, depuis qu'il a eu la brillante idée de séparer ses 18 sièges de ministre en deux pour en donner autant aux hommes qu'aux femmes.

La notion à la base d’avoir un gouvernement autant féminin que masculin est intéressante, mais il faut que ce soit le fruit du hasard. J’ose espérer qu’un P-M qui donne les principaux portefeuille de l’état aux élus de son parti le fait en les choisissant un par un, en retenant pour chaque poste l’individu le mieux qualifié. Je n’aurais eu aucun problème à ce que 11 dames et 7 messieurs peuplent le cabinet, si ceux-ci avaient été les mieux placés pour remplir les fonctions de ministre. Le contraire m’aurait également plu. Ce qui est évident après 8 longs mois sous l’administration libérale minoritaire, c’est qu’on a simplement choisi 9 députés et 9 députées... comme ça, pour faire beau.

Les gouvernements doivent vendre leur cabinet après les élections ou un remaniement ministériel pour assurer à la population que leurs impôts sont dans de bonnes mains. La démarche habituelle c’est de valoriser l’expérience de chaque ministre et de prouver qu’aucun autre membre du parti aurait pu mieux faire le travail que lui. La vraie égalité des sexes, ce serait qu'un député ne soit pas vus comme un homme ou une femme, mais comme un être humain. On sélectionne parmi ce groupe d’êtres humains pour remplir les différentes fonctions. Donner une proportion de 50/50 à chaque sexe, c’est une forme de sexisme, comme si les places avait été donnée par défaut. Voulez-vous gagner parce que vous êtes bonne ou parce que vous êtes une fille ?

Certainement échaudés par une période pas si loin où le sexisme et le racisme étaient dominants, nous avons la gâchette rapide pour lancer ce genre d'accusations. Si je fais une blague sur un noir parce qu’il est noir, je suis un raciste. Une petite vite sur un homo, je suis homophobe. Une farce sur les femmes et la cuisine, maudit sexiste ! Si on arrête de faire cet humour là, on doit interdire toute forme d’humour. Dans une situation où l'on peut rire de quelque chose mais pas de l’autre, c’est de l’exclusion. À condition bien sûr de ne pas tomber dans les préjugés, qui traversent la limite vers le non respect.

Lors de son prochain remaniement, Jean Charest se sentira obligé de conserver cette parité dont il s’est munie avec la même fierté que celle d’un jeune garçon achetant sa première voiture usagée. Que fera-t-il, s’il veut par exemple enlever des transports l’ex-pharmacienne et très incompétente ministre Boulet ? Si un monsieur est le mieux placé pour la remplacé, demandera-t-il au ministre de la justice Jacques Dupuis de laisser sa place à une députée libérale ?

Et imaginez le prochain gouvernement. Admettons qu'il est adéquiste et que son chef ne poursuit pas dans le même sens que son prédécesseur. Le gars de Rivière-du-Loup va devoir essuyer nombre de critiques de la part des regroupements de femmes ainsi que de l’opposition libéro-péquiste qui voudront faire la leçon sur l’égalité des sexes. J’aurai toujours grandement de respect envers l’intelligence des gens que je vais croiser dans ma vie sans faire égard à leur genre. Une seule chose est certaine, il n’y aura toujours qu’un gars et une fille dans mon lit.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon texte Louis-Philippe. C'est sûr que le fait que je partage ton opinion à 100% me fait sans doute l'apprécier encore plus.

Je trouve aussi depuis plusieurs années que l'égalité des sexes à outrance entraîne de graves problèmes de discrimination positive. Je veux en rajouter à ton texte en citant les nombreux organismes subventionnés par l'état et qui promouvoient le statut de la femme, les nombreux prix et bourses réservés au femmes, les incitatifs pour amener les femmes dans des milieux traditionnellement masculin.... Je suis dans un domaine où l'on compte 75-80% de filles, et pas un de mes confrères ne s'est vu offrir une quelconque aide financière supplémentaire pour l'aider à faire sa marque dans ce domaine où la femme prédomine. Et de toutes façons, je n'en voudrait pas.

Il ne faut pas chercher à avoir une égalité fifty-fifty partout. C'est totalement contraire à la logique. Il faut prendre en considération les intérêts de chacun, et il semble que les hommes aient plus d'intérêt pour le travail manuel mécanique, pour les mathématiques, la physique et l'ingénierie, tandis que nos amies du beau sexe préfèrent en majorité les sciences humaines, celles de la santé, le droit, ... Il ne faut pas y voir de l'inégalité, mais plutôt le reflet de nos différences et de ce qui rend nos associations encore plus forte.

Une partie du problème vient du lobbying. Les regroupements féminins, étudiants et d'assistés-sociaux, pour ne nommer que ceux-là, sont très présents sur la scène politique et dans l'actualité. Du côté des hommes (OK... oublions un instant Fathers for Justice) et des travailleurs, c'est généralement plus calme côté manifestations et revendications. Le gouvernement peut être amené à penser qu'il doit plaire à ceux qui parle fort s'il veut gagner des votes.

Je me rappelle quand Charest clamait haut et fort sa fierté d'avoir formé un cabinet fifty-fifty en matière d'égalité des sexes. Ça me puait au nez, comme à chaque fois qu'on se réjouit de l'augmentation du nombre de femmes dans un domaine (généralement en politique ou à l'Université). Ça a juste "pas rapport". Personnellement, je trouve que les Roux, les personnes en bas de 5 pieds, les déficients mentaux et les gens qui aiment manger épicé sont très mal représenté dans nos gouvernements. À quand un ministère composé de 50% de gens qui aiment leur tacos avec la salsa forte et 50% de gens qui utilisent la douce ??

Comme tu l'as si bien amené, Gérard, ces postes de ministres, tous les postes du monde en réalité, devraient être attribué au mérite, à la capacité de l'individu d'exceller dans le travail qui lui sera confier. J'en ai assez des postes pour les femmes, les autochtones, les minorités visibles... Le jour où l'on se rendra compte que la discrimination positive ne fait que creuser le fossé d'imcompréhension entre les différents regroupements de la société, je pense qu'alors on aura fait un pas de gens vers l'égalité, la vraie.
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Girma a dit…

Je suis partiellement d'accord avec cet article parce qu'il ne faut pas oublier que l'on cherche à atteindre l'égalité 50/50, i.e. à compétences égales pour un poste on doit choisir la femme, justement pour atteindre le 50/50. Une fois que ce sera fait on pourra passer à autre chose et je crois que ce sera pour bientôt.

Auparavant, les hommes n'avaient pas à se battre pour monter dans l'organigramme d'une entreprise; cela lui était offert tout naturellement, sans égard aux compétences. À une certaine époque pas si lointaine, je dirais il y a une trentaine d'années, on orientait les filles vers des métiers de second rang: secrétariat, ménagères, couturières etc. Il était impensable pour les hommes qu'une femme puisse diriger un secteur dans une entreprise, être chef d'équipe ou monter en grade; on la voulait soumise aux directives des patrons.

Maintenant les choses ont bien changé et tant mieux; je ne voudrais pas retourner en arrière pour rien au monde. La femme a enfin pris sa place et qu'on essaie pas de la lui reprendre.

Cependant, si l'homme se croit lésé par cet état de chose, il faudra alors qu'il se prenne en main et revendique ses droits tout comme les femmes l'ont fait dans le passé. Je crois même qu'il est urgent qu'il se passe quelque choses dans ce sens là.

En effet, par expérience, j'ai pu constater assez souvent qu'un garçon doit se démarquer pour qu'il soit considéré par ses enseignants tant au niveau primaire qu'au niveau secondaire; néanmoins, lorsque celui-ci est plutôt rebelle face aux règlements de l'autorité comme ils le sont souvent à ces âges-là, c'est le rejet complet; aucune considération sur le fait qu'un garçon a des goûts et des besoins différents que ceux d'une fille.

Alors oui, je dirais qu'il faudra retrouver un certain équilibre et revoir les choses autrement. Il faudra considérer les forces et les faiblesses de chacun et à ce moment-ci, cesser de favoriser les filles davantage que les garçons surtout dans les écoles. Ce n'est pas pour rien que les filles ont des meilleures notes; c'est une question de remettre en perspective la capacité de chacun, de les faire évoluer chacun à son rythme tout en essayant de découvrir dans chaque individu quelles sont ses motivations, ses goûts, ses idéaux pour l'avenir;

La perfection n'est pas de ce monde et qui sait si un jour chacun trouvera la place qu'il mérite.

Anonyme a dit…

Très beau texte Louis-Philippe et très bonne interprétation du jugement de notre first minister.
Tu résumes une grande partie de ce que je pense de nos gouvernements et de ceux qui nous gouvernes. Imagine une pharmacienne comme ministre des transports...qu'es-ce qu'elle connait en transport c'est une spécialiste des pillules...
Tout ceux qui sont en politique présentement ont reniés les idées qu'ils avaient soit quand ils étaient à l'opposition ou au pouvoir...regarde Bachand avec ses photos radars...il était contre il y quelques années et là il se fend la gueule pour les passées.Ce sont tous des arrivistes...

Anonyme a dit…

J'ai toujours pensé que si j'avais pas mal d'argent et que ca adonnais que je voulais en dépenser une partie pour faire des bourses scolaires, j'en ferais une réservée aux minorités visibles, et une réservée spécifiquement aux blancs.
Juste pour créer la controverse

Anonyme a dit…

C'est bien beau l'égalité mais cela ne veut pas dire que tout le monde est pareil. Il faut, tout autant, reconnaître les différences entre les sexes.

En particulier, ce sont les femmes qui portent les fœtus, c'est une réalité inébranlable. Mais, encore, je pense que les femmes sont plus douées que les hommes pour prendre soins des petits enfant, on appelle cela l'instinct maternel. Rien que par le lien physique créé par la grossesse, il me semble que la mère est autrement plus concerné par ses enfants que le père. (note: je ne néglige pas la force du lien du père avec ses enfants, j'en sais quelque chose moi-même..)

Je sais, je sais .. je suis rien qu'un maudit homme qui comprend rien et qu'il faut pas achaller les grandes penseures féministes de l'Université de Trois-Rivières qui ne veulent pas entendre parler de maternité mais je les défi de prouver qu'elles représentent vraiment la femme moyenne et majoritaire, celle qui veut être mère dans la vie et qui y trouve un accomplissement.

Alors, mettons qu'une femme maternelle dans des conditions idéales voudrait au moins quatre enfants. Combien d'années de sa vie aura-t-elle besoin pour remplir son rôle de mère? 20-25 !?! Évidemment, pour remplir ce rôle crucial il faut abandonner carrière et profession. Ainsi, on ne peut pas s'attendre à ce que les femmes soient aussi nombreuses, aussi expérimentées et aussi compétentes que les hommes dans les sphères professionnelles. Alors, l'égalité, c'est une farce platte qui ne rencontre pas les aspirations de plusieurs.

Mettons les priorités en perspective et faisons vraiment une politique familiale centrée sur les enfants et les femmes qui les aiment vraiment. Donnons leur un vrai support: Socialement et financièrement. Ce sera le meilleur investissement que le gouvernement aura jamais fait!