« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

mardi 27 novembre 2007

Mettre le suicide à l'index

Jérome, Jean-Olivier, Marie-Lou, voici des noms de personnes que j’ai fréquenté à l’école secondaire qui aujourd’hui ne sont plus là, dû à leur ultime décision. Je pourrais nommer plusieurs autres noms de jeunes qui vivent toujours, mais qui ont essayé d’aller aussi loin que les trois noms énumérés au début, dont une de mes meilleurs amies du secondaire qui par chance, a pu compter sur des gens qui l’aimaient, à la dernière minute.

L’Échec québécois

De 1976 à 2001, le taux de suicide global au Québec est passé de 14,8 suicides par 100 000 habitants à 19,1, faisant des Québécois les Canadiens qui se suicident le plus. Mais, chez les hommes, ce taux a bondi de 19 à 30,7 suicides par 100 000 habitants, soit une hausse spectaculaire de 62 %, qui vaut aujourd'hui au Québec un taux de suicide masculin deux fois plus élevé que celui du reste du Canada. [Chiffres relevés par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), publiés dans le Devoir]
Le sujet du suicide a été mon premier cheval de bataille, ma toute première opinion, après bien sûr les « c’est pas bon des brocolis maman ! » J’avais 13 ou 14 ans avec en bouche le même discours que j’ai toujours aujourd’hui sur le suicide. Le mot est à mon humble avis trop répandu. La dépression, la biochimie, la maladie mentale, je laisse tout ça aux spécialistes, qu’ils s’attaquent au problème de cette façon, c’est correct. C’est dans les campagnes de promotion anti-suicide que j’aimerais mettre la hache pour prendre ça d’un autre côté plus positif.

Nous avons la semaine de prévention du suicide et des centres de prévention du suicide. Pourrions-nous les garder, mais leur donner des vocations parallèles ? On demande beaucoup trop au gens de ne pas se suicider, mais si peu de vivre. Faire la promotion de la joie de vivre, c’est l’angle que je donnerais aux campagnes de prévention du suicide. Après tout, on parle à des vivants, jusqu’à preuve du contraire ! C’est comme si un centre de conditionnement physique affichait sur ses panneaux : « Il ne faut pas ne pas s’entraîner ! ». La semaine de la joie de vivre, des centres de la joie de vivre, ce serait beaucoup plus positif.

Savez-vous qui m’a appris que le suicide existait ? Des campagnes de prévention du suicide. L’effet pervers du ce type de sensibilisation c’est qu’on donne aux jeunes l’idée qu’il s’agit d’une option, pas la bonne, mais une alternative quand même qu’ils se réservent ensuite pour une situation critique. Je ne veux pas qu’on s’enfouisse la tête dans le sable et que l’on censure le mot « suicide », mais qu’il soit moins galvaudé ne serait pas un luxe. Surtout en cette période de la croissance marquée par la désobéissance. Les pancartes « ne touchez pas » sont alléchantes pour des ados, mais on ne peut pas prendre un tel risque avec la fatalité.

Tellement trop souvent utilisé comme expression que les adolescents se torturent entre eux en y allant de menaces sans vraiment le penser, du grand chantage émotif. Ils le font même à leurs parents, ce qui doit être la pire chose à se faire dire par son fils ou sa fille. Même s’il n’est pas fondé, on ne doit jamais lésiner sur l’écoute et les ressources disponibles lorsqu’on reçoit un tel appel à l’aide.

Je me souviens de ma première apparition à la radio. J’avais 13 ans, j’étais invité à l’émission de Louis Lemieux à CBJ, la radio de Radio-Canada à Chicoutimi, pour parler de la première semaine de la joie de vivre à l’école secondaire Lafontaine. Plusieurs personnes faisaient parti de la discussion ce matin là, dont Laurent Garneau du Centre de Prévention du Suicide de la région 02. Il était sorti de ses gonds pensant qu’une telle initiative visait à lui faire perdre son emploi. Il y en a qui ne l’ont pas. En 2007, 10 ans plus tard, je vous rassure. Il est toujours à l’emploi du Centre de Prévention du Suicide de la région 02.

Documentation:
http://www.fcfq.qc.ca/nouvelles/2007-02-07.htm
Suicide: L'échec québécois, Isabelle Paré, le Devoir, édition du mercredi 5 mai 2004

8 commentaires:

Anonyme a dit…

C’est un sujet intéressant, par contre, avouer le problème c’est aussi avouer un peu l’échec de notre système.

Anonyme a dit…

Sujet très intéressant en effet! Mais on dirait que c'est pas très populaire comme sujet comparativement a la violence conjugale... est-ce parce que ce sont principalement des hommes qui se suicident?

Anonyme a dit…

Ce qui m'inquiète, c'est qu'il n'y a pas de stratégie nationale, de véritable politique de lutte contre le suicide.

Par contre, il y a de belles bourses pour faire des femmes des électriciennes ou des machinistes.

Un homme se suicide chaque jour. Voilà le drame. Que peut-on faire. C'est l'autre question, la vraie.

Anonyme a dit…

À Pouvoiraupeuple

Tu as raison, tout comme le cancer du sein est plus populaire que le cancer de la prostate.....pourtant, les deux cancers tuent autant l'un que l'autre.

Anonyme a dit…

Le suicide est directement relié, selon moi, au noyau familial.

J'ai lu une chose intéressante ce matin dans le journal. Ça disait que la famille était jadis le noyau de la société, tandis qu'aujourd'hui c'est plutôt le Gouvernement qui est le noyau de notre société.

Une piste.

Moi aussi avant l'âge de 10 ans, je ne savais pas ce que c'était le suicide. Et paf, c'est entré dans ma vie assez solide.

Est-ce que ça se prévient vraiment? J'en doute.

Le mal de vivre ça pousse une personne à s'auto-déprécier et à minimiser, voire ignorer complètement l'impact de ses proches et de son entourage immédiat.

C'est de la bull-shit tant qu'à moi de culpabiliser les proches de gens qui se sont suicidés en leur lançant à grand renfort de trompettes des slogans qui martèlent : vous auriez-dû le savoir, vous auriez dû l'aider, vous auriez dû l'empêcher!!!

Soyez de bons parents, élevez vos enfants et aimez-les, c'est le seul conseil pour prévenir le suicide.

Anonyme a dit…

Pour ma part je suis loin d'être suicidaire. Je vois tellement de gens déprimés et découragés de leur situation qui me parlent que j'ai développé une réponse qui leur bouche la gueule à tous les coups : « On change de place ? » Soudainement, le taux de suicide dans mon entourage a chuté drastiquement lol !

Je ne suis pas suicidaire mais je garde quand même les pieds sur terre en ce qui attrait à mes capacités physiques. Aujourd'hui ma vision de la chose est que si un jour je dois rester alité 24 heures sur 24, il est possible que choisisses la mort plutôt que le centre hospitalier qui va me torcher. J'ai toujours à portée de main le livre Final Exit.

Je suis pour l'euthanasie et j'ai crissement hâte que la législation canadienne change. J'aimerais bien voir un juge décidé si je suis obligé de rester vivant dans le tiers-monde ou de mourir avec le souvenir de mes infirmières sexy qui m'ont donné la liberté durant toutes ces années...

Si le taux de suicide et si élevé au Québec, c'est à cause de la culture et du manque de spiritualité et de fierté individuelle. Et pour tous les malheureux qui se créent leur fatigue morale, la corde est en spécial cher Roland et Napoléon cette semaine !

Anonyme a dit…

quand le monde parle de suicide, c'est dur comparer les problemes. du genre pour une personne un probleme X va etre banale mais pour une autre personne, ca va etre un putin de rush. le probleme c'est d'aider le monde qui veut le faire sur un coup de tete. non je ne dis pas ca pour banaliser la situation. mettez vous dans la peau d'une fille qui genre est prostituer début 20taine, a eu un fils qui est décéder, pris dans la dope, un gros problemes de cash avec un pimp stupide. cette fille la, n'a plus rien pour se raccrocher. tsé ouais le monde va dire, ouais porte plainte, mais les plaintes, ca ne fait rien.

l'affaire, tsé les suicides, ouais je trouve ca con mais des fois jme dis que pour certaine personne c'est comme tant mieux, tu va avoir la paix. je ne suis pas insensible pour autant. j'ai eu 2 personnes tres proche de moi qui l'ont fait. une qui c'était un genre de pacte et l'autre personne s'en veux à mourir et l'autre personne, c'était un gay et il a fini par craquer. je ne dis pas que c'est bien, mais je ne peux pas dire que c'est mal dans un sens car ouais ca peux aider le monde.

Anonyme a dit…

C'est vrai, c'est personnel et peu comparable. On a chacun nos prisons. Certains c'est dans la tête, d'autres dans le corps, et d'autres ne peuvent pas vivre ailleurs qu'en prison.

Et pour celle qui a des problèmes avec un pimp stupide, dis-lui de ma part qu'avec tout le cash qu'elle peut faire, elle peut régler son problème en trouvant un hitman ou pour la modique somme de 35 sous... Le prix d'une balle dans la tête d'un criminel fini...

Mais le secret de cette histoire se retrouve tous les jours sur National Geographic. Tous les jours le lion attaque une proie et la bouffe sans pitié.

Welcome to the jungle baby !