« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

jeudi 15 novembre 2007

Ces talibans d’étudiants

Rassurez-vous, aucune école pour faire monter un mouvement Moudjahidin n’a été construite récemment au Québec, j’ai vérifié pour vous ce matin après avoir consulté la frontispice des principaux journaux. De grosses barbes, de la violence, des foulards au visage, une absence de démocratie, il ne manquait que les kalashnikoves pour faire un bon remake du film qui se jouait en temps réel en Afghanistan avant que l’Occident s’en mêle.

Des milliers d’étudiants de la province manifestent présentement contre la hausse des droits de scolarité et le sous-financement du réseau postsecondaire. Il y avait 42 875 étudiants de 26 associations en congé forcé hier, il y en aura 57 781 aujourd’hui, qui proviennent de 36 associations. J’en ai certainement manqué un bout, il y a un mois encore, on disait qu’on ne bouleverserait pas les cours comme ce fut le cas en 2005, que la majorité de la population étudiante dirait non à la grève. Encore une fois, les extrémistes à barbiches auront eu le dernier mot. Dans l’énumération du premier paragraphe, j’ai parlé d’absence de démocratie. Pourtant, nous serions porté à croire qu’une assemblée étudiante est un processus louable qui donne le droit du choix à l’étudiant. En théorie, oui. Savez-vous ce que j’ai entendu ? Hier, au Collège François-Xavier Garneau de Québec, on a pacté la salle de sympathisants à la grève et lorsque les autres étudiants sont arrivés à l’heure pour exercer leur droit de vote, il n’y avait plus de place. Les gros bras des punchos leur ont empêché l’accès. Belle démocratie.

Lorsque je lui ai parlé du sujet de mon article de ce matin, mon journaliste m’a rappelé un bon souvenir du Cégep de Jonquière. Chaque technique a son mini-conseil étudiant rattaché au bout de la ligne à l’association étudiante, et à l’époque, Yannick était le représentant pour Art et Technologie des Médias. Un certain après-midi de cette année là, les barbus de l’Asso avaient décidé de se former un gouvernement central qui enlevait tout pouvoir de décision aux représentants des techniques du campus du Cégep de Jonquière. Ils s’étaient donnés rendez-vous à la salle auditorium afin de voter entre eux cette motion, avant que des gens comme Yannick s’en rendent compte et vident les classes pour aller contrer ce vote important. J’étais parmi ceux qui ont quitté leur cours pour aller battre ces futurs péquistes et leur monarchie.

Parce qu’on s’entend, s’ils sont au Cégep, ce n’est pas dans le même dessein que les autres jeunes qu’ils représentent. Passant de programmes en programmes, ils font traîner en longueur leur passage dans le monde collégial pour se faire un nom dans le monde de la politique dans lequel ils poursuivront leur carrière dans l’aile jeunesse d’un parti comme le PQ. Ce sont eux qui décident du sort des étudiants, s’ils sortiront manifester ou non. Même pas le loisir d’être scab, ceux qui veulent poursuivre leurs cours (parce qu'ils ont de l'ambition ou aiment apprendre) ne peuvent même pas avoir accès à l’entrée principale. Pourtant, la hausse des frais de scolarité c’est tout ce qu’il y a de plus normal.

Au Québec, le coût du savoir est à moitié moins élevé que la moyenne canadienne et parmi les plus bas sur la planète. Pire encore, ils ne sont pas indexés. Ils ne suivent donc pas le coût de la vie. En regardant ça d’un autre sens, ça coûte de moins en moins cher d’année en année de recevoir une éducation, ce qui est un non-sens, car le monde autour est en inflation. Comme le souligne Nathalie Elgrably, économiste à l’Institut Économique de Montréal, ce matin dans son billet publié dans le Journal de Montréal, une heure de cours coûte moins cher qu’une heure au cinéma, soit 4,13 $. Son texte suggère de faire payer les riches en dégelant les droits de scolarité en aidant de l’autre côté strictement les moins nantis à avoir accès à des études de qualité. Mais le meilleur morceau de sa publication adressée aux militants ce matin, je vous le cite :

« Vos associations étudiantes soutiennent que les droits de scolarité ont pour effet de réduire l’accès à l’éducation. Pourtant, elles n’hésitent pas à exiger de vous des cotisations obligatoires, dont certaines s’élèvent à plus de 50 $ par trimestre [nous à Jonquière c’était 63 $]. N’y voyez-vous pas un non-sens ? Devons-nous conclure qu’une hausse de 50 $ par trimestre réduit l’accessibilité uniquement lorsqu’il est question de droits de scolarité mais qu’elle est sans conséquence quand ce montant est destiné aux coffres des associations étudiantes ? Pourquoi ne demanderiez-vous pas à vos associations de faire preuve de « solidarité étudiante » et de favoriser l’accès à l’éducation en abolissant les frais qu’elles vous imposent ? »
Bon, je ne pense pas qu’il faille y aller aussi drastiquement, mais il est vrai que la question se pose. Ce matin, ce que je veux amener, c’est que les gens à la tête de ces mouvements ne représentent pas les intérêts de la majorité des étudiants, mais les leurs, et ceux d’une minorité ne sachant pas trop quoi faire dans la vie, préférant consommer alcool et drogue puis tourner l’école en open house une fois dans l’année, question de se payer un gros party aux allures de grèves, à grands coups de calage de bières, entre deux revendications au Gouvernement. Hier au Cégep du Vieux Montréal une responsable de l’association étudiante croisait les manifestant préparant leur bed in à l’intérieur de l’édifice public afin d’écrire dans leur main le numéro d’un avocat, au cas où ça tournerait mal. On distribuait également des trousses de premiers soins en cas d’attaque policière au poivre de cayenne. Lorsqu’on se promène avec un fusil et un gilet pare-balles, n’allez pas me faire croire que ce n’est pas dans l’intention de tirer !

Documentation:
Histoire des Moudjahidins
Lettre aux étudiants, Nathalie Elgrably, Le Journal de Montréal du jeudi 15 novembre 2007, page 27

24 commentaires:

Anonyme a dit…

T pas cool man chill pis rejoint l'anarchie man loll

Anonyme a dit…

Ces manifestations sont surtout Montréalaises et inutiles.

Anonyme a dit…

Avec les montants d'argent que je paye pour étudier à l'université, je me trouverais cave en criss de faire une grève! Et mes parents aussi d'ailleurs.

Je comprends pas vraiment ce qui se passe, qu'est-ce que les étudiants revendiquent exactement?

Anonyme a dit…

Ce que je déplore de ce genre d'étudiants (et j'en suis toujours un présentement), ce que j'ai l'impression qu'il ne sont pas capable de se projeter dans l'avenir et de voir les sommes immenses que l'impôt engloutira à même leurs poches dès qu'ils atteindront le marché du travail.

Je suis convaincu qu'il n'aurait pas le même discours, s'ils prenaient quelques instants pour se projeter 10 ans dans l'avenir et voir la réalité de l'éducation avec un autre point de vue.

Anonyme a dit…

C'est pas mal ça qui s'est produit hier. Mais au moins on a l'air d'avoir une ministre qui va se tenir debout enfin. Je ne l'aime pas, mais c'est ça qu'on demande à notre bande de ¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤, de mettre leur culotte, mais quand ça de l'allure par exemple.

Anonyme a dit…

Bande d'étudiants cave !!!

Après, ça vient brailler qu'ils n'ont pas une cenne. J'aimerais bien en voir ici venir défendre leurs CONfrères étudiants.

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

Personnellement, je crois que ca prendrait un ÉNORME ménage au niveau des associations étudiantes (tant les nationales que ceux dans chaque CÉGEP et/ou université). Cette poignée de personne qui décide pour toute une faculté ce qui est bien et ce qui est mal, ces personnes qui sont tout sauf la démocratie, je serai même pour si on leur enléverais leur droit de grève (t'as pas le droit au primaire et au secondaire , pourquoi t'aurais le droit au collègial et a l'universitaire)

La question que je me pose, est-ce que un vote de grève d'une association étudiante est "valide", une association n'est pas a ce que je sache un syndicat donc n'a pas le droit de grève. J'aimerais savoir votre opinion

Anonyme a dit…

Le but des contestataires est de faire peur, de faire grand bruit, d'énerver la population et de nos jours c'est façile car souvent dans les manifestations il y a plus de curieux, de journalistes, de caméras etc... que de réels manifestants. Les chiffres sont amplifiés.

Pour contrer celà , il faut en être indifférent. sommeil

Leur donner de l'importance est le pire des scénarios.

Anonyme a dit…

Le pire est que ce sont souvent eux qui vont passer le BAC en 5-6 ans ou lieu de 3 ans comme les autres.

Anonyme a dit…

Parait que la bière pis le weed coulaien à flot durant leur petit party des derniers jours...!

Pour ça, y'en ont du cash.

Anonyme a dit…

OUIns, le weed et la bière était toujours présent à cette âge-là... Mais crisse que je n 'avais rien à foutre des étudiants de 35 ans gauchistes et poilus des regroupements dans ce temps-là. Je voulais clancher mon université et progresser. Les frais de scolarités sont un investissement sur soi-même. Mais c'est peut-être trop compliqué comme comcept pour plusieurs!

Anonyme a dit…

Y'a quelques secondes à peine, je voyais à LCN à Montréal, des étudiants manifester et y'avait un gars qui envoyait de la fumée d'un joint quasiment dans la face du journaliste.

Lui il a juste à cesser de se droguer et il va avoir amplement les sous pour se payer ses sessions. De quessé qu'il faisait là lui

Un joint = 7 cigarettes

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

Garneau... Actuellement, je suis en "congé-grève" par une victoire des pours de 11 étudiants, effectivement. Je crois que, selon les règles du cégep, ce vote a été "légal", mais selon les règles les plus élémentaires de la démocratie directe, non. C'était un vote à main levée, certains étudiants, dont moi, étaient en cours, le quorum de 6% des étudiants du cégep (et qui devrait être de beaucoup plus selon moi) était atteint, mais de 40 élèves de plus environ... Ensuite, ce n'était pas un référendum, parce que la pauvre association étudiante a donné sa pétition de 200 noms (sur 6000...) 1 journée trop tard. Bref, sur la forme, je suis obligé de m'incliner, mais sur le fond,je ne suis pas d'accord.

J'appuierai une grève étudiante quand le gouvernement brisera réellement sa promesse de la dernière campagne électorale. Si Charest ne majore pas les prêts et bourses, par exemple, que je considère beaucoup plus importants que le dégel ou la gratuité. Bientôt, si personne n'y pense, je vais finir par faire une pétition pour que FXG sorte de l'ASSÉ. Au printemps passé, un référendum beaucoup plus représentatif que le vote d'hier avait statué, pour une grève illimitée, donc beaucoup plus sérieuse, une opposition de 80% des étudiants.

Je ne suis pas prêt à insulter l'Association Étudiante, mais j'ai de sérieux doutes sur la validité de fond de ce vote. Je n'y étais malheureusement pas, étant en cours. En ça, je blâme l'Administration du cégep de ne pas avoir prévue de plage horaire pour faire des assemblée étudiantes...

Anonyme a dit…

Je ne suis pas en faveur de la grève, loin de là, mais je comprends les étudiants de l'UQAM. Ils ne manifestent pas QUE contre l'augmentation des frais de 50$, mais également contre l'incompétence du gouvernement et de l'UQAM qui est en faillite technique et qui a augmenté énormément les frais afférents pour compenser les erreurs des administrateurs et de Roch Denis.

J'voterai pas pour la grève à l'UdeM (on a jamais le corum, je doute fort que ça passe), mais je chiâlerais pas pour avoir 1-2 journées libres pour m'avancer dans mes travaux de session

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

si il font la grève contre l'incompetence du gouvernement qui a augmenté énormément les frais afférents pour compenser les erreurs des administrateurs,je me demande pourquoi que la population du quebec ne fait pas la greve non plus,l'incompetence est partout! Shocked

Chose qui me semble un peu drole...qui frequente l'université?... Rolling Eyes

"Corroborant les résultats de travaux antérieurs, l'étude indique que les jeunes provenant de familles à revenu élevé étaient, toutes proportions gardées, nettement plus nombreux à fréquenter l'université que ceux provenant de familles à faible revenu"
"Le taux d'inscription à l'université était environ deux fois plus élevé chez les jeunes vivant dans une famille dont le revenu annuel était égal ou supérieur à 100 000 $ que chez ceux appartenant à une famille gagnant moins de 25 000 $."

Ce que je trouve drole ce que ca fait des années que la "gaugauche"veut faire payer les riches,alors ce qui ont avantage a garder le gel de scolarité....

Aussi ce drole que souvent ce monde n'hesite pas de s'endetter pour aller en voyages ou d'acheter pleins d'choses,mais que pour leur scolarité....qui risque de leur donner un meilleur emploi et salaire...a ben la....

Anonyme a dit…

Pour 50$ par session de plus est-ce vraiment necessaire de tout casser
Pensent -ils qu'en faisant du vandalisme on les ecoutera?
Pensent-ils que tout leur est dû ?

Manifester est un action democratique je l'admet
mais la democratie ne permet pas tout
surtout pour 100 par année

Anonyme a dit…

Mme Marois se dit maintenant d'accord avec la hausse des frais. Bravo à elle.

Anonyme a dit…

La situation est différente qu'il y a trois ans. Je pense que l'augmentation des frais de scolarité est devenue inévitable et vaut mieux y aller progressivement, comme ça se passe présentement, que d'attendre et d'y aller d'une hausse encore plus prononcée.

De cette manière, les étudiants plus riches pourront contribuer à mieux financer l'éducation.

Cependant, je crois qu'il faut adapter le régime des prêts et bourses en conséquence. Je crois que Burnmage au début de l'année scolaire nous a fait une belle démonstration des ratés de ce système. J'ai entendu à la radio que 60% des étudiants qui fréquentent l'UQAR doivent vivre avec 11 000$ par année. C'est très très peu...

Je pense aussi que ces fêtards qui manifestent avec du pot et de l'alcool sont en train de ruiner la population des étudiants honnêtes qui, eux, travaillent fort pour réussir et obtenir de bons résultats...

Anonyme a dit…

Bravo effectivement.

Peu importe le parti, quand je trouve que ça de l'allure, je me dois de féliciter.

~LeWISTYLE~ a dit…

Des girouettes nationales, il y en a dans tous les partis... regardez les cinémomètres de Charest...

Tym_Machine a dit…

La hausse des frais de scolarité est NÉCESSAIRE si on veut se garantir un minimum de qualité en éducation.

Nous avons peut-être un système d'éducation très peu coûteux mais un des pires au Canada.

Pensez-y comme il le faut, vous êtes enseignant ou prof, on vous paie 35 000$ au Québec avec 50% d'impôts. On vous en offre 48 000$ en Ontario avec 40% d'impôts.

Bref, les infirmières, les enseignants, les médecins restent au Québec pour une raison en particulier: la famille et le confort de ce qu'on connait déjà.

Malheureusement, ce sont souvent les plus talentueux qui partent en premier pour des meilleurs salaires, une meilleure clientèle et des meilleures conditions de vie globales, on cherche tous et toutes à améliorer notre sort...

Donc, on se retrouve avec une équipe de médecins et d'enseignants du niveau de la LJMQ en frais de talent (permettez moi chers québecois l'analogie avec le hockey) alors que les autres jouent avec des équipes de la LNH (les USA) ou à tout de moins de la ligue américaine (Ontario et autres provinces). Un peu comme le Canadien de Montréal quoi...

Mais on l'aime notre ligue de garage du Québec, c'est la notre, notre petit amour chéri...

Comme disait Arthur, que le dernier parti ferme la lumière....

Bon succès radiophonique et longue vie à votre blogue M. LouisPhilippeGuy!!!

Tym Machine
www.tymmachine.blogspot.com