« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va »

-Christophe Colomb

mardi 23 octobre 2007

Gouverner en fonction des sondages

Demandez-le à n’importe quel politicien. Lorsque vous le questionnez sur un récent sondage, il ne commentera pas. Pourquoi ? Parce qu’au gouvernement, les sondages n’influent pas le déroulement de la prise de décision. Faux ! Ne comptez plus sur moi pour croire en cette aberrante foutaise. On riait dans notre barbe en les écoutant, maintenant, on se roule par terre. La dernière en lice est l’idée d’installer sur les ponts et autoroutes de la province des postes de péages.

On oublie parfois que le Québec a déjà été la province ayant le plus recours au péage. Des postes de péage, qui ont été abandonnés dans les années 1980, étaient notamment installés sur les autoroutes 10, 13, 15, 40, sur le pont Jacques-Cartier et sur le pont Champlain. Dans un contexte de détérioration et de financement insuffisant du réseau routier, le retour des péages constitue une solution intéressante de plusieurs points de vue. [IEDM]
Cette étude de l’Institut Économique de Montréal nous donne toutes les bonnes raisons de retourner à ce bon vieux péages des années 80, très populaire sur les autoroutes américaines. De plus, ils ont commandé un sondage à Léger Marketing qui leur apprend que la moitié des Québécois, 52 %, sont d’avis que ce serait le meilleur moyen de mettre à contributions les utilisateurs pour financer les travaux de réfection des autoroutes. Cela allait attiré l’attention de Jean Charest qui sauta sur l’occasion de percevoir plus d’impôts.
Le gouvernement Charest, s’appuyant sur des sondages favorables, envisage de recourir à grande échelle à cette solution pour payer les gigantesques factures associées au maintien des infrastructures de transports. [Cyberpresse]
Plein d’autres sondages paraissent semaines après semaines dictant les grandes orientations que veulent prendre les Québécois, or, le PM ne bouge pas d’un poil. Il semble entendre seulement ce qu’il veut bien entendre. Lecture sélective des journaux ! À la base, le système utilisateur payeur est une bonne idée. Tu ne paies pas pour une autoroute si tu ne roules pas dessus. Le concept est logique et attirant. Mais avons-nous réellement enlevé le péage de nos routes ?

Sachez que vous payez déjà ! Si ce n’est pas à tous les deux jeudis sur près de la moitié de votre paie, c’est lorsque vous faites le plein. Voici de façon détaillée votre prochaine facture de 40 $ pour 40 litres d’essence :
  • 19,80 $ financeront le pétrole brut
  • 5,60 $ iront au raffineur
  • 1,40 $ seront récoltés par le détaillant, le dépanneur (ce pourquoi ça ne vous sert à rien d’engueuler le commis ou le pompiste)
  • Le reste, soit 13 dollars et 20 sous vont dans les poches des deux paliers de gouvernement.
  • De ce nombre, 6,60 $ s’en va à Québec
Faites le calcul, avec un plein de 40 $ par semaine, 52 semaines par année, c’est plus de 300 dollars qui sont versé annuellement au Gouvernement du Québec et près de 700 si on inclut Ottawa. Que vous demeuriez à côté du Pont Jacques-Cartier ou à 750 kilomètres au Nord sans jamais l’emprunter, vous payez cette taxe, supposée être exclusivement versée dans la réfection du réseau routier provincial, ce qui finalement n’est pas le cas.

Si l’administration Charest souhaite nous faire passer le péage, elle devra faire baisser de plusieurs sous le prix du litre d’essence. Elle devra également nous prouver, chiffres à l’appui, que cet argent est bel et bien investi dans nos routes et agir par la suite avec transparence. Est-ce trop demander ? L’utilisateur payeur sera bel et bien appliqué, et le gars d’Havre St-Pierre va arrêter de payer pour le pont qu’il ne prendra jamais et la fille qui le traverse chaque matin ne paiera pas une deuxième fois rendu à la pompe.

Ou bien, on arrête d’enculer des mouches avec l’installation d'halte de péage qui risquent de causer plus de bouchons qu’en enlever (absence de routes alternatives oblige). En choisissant cette option, on applique réellement la taxe qu’on perçoit sur l’essence sur le réseau routier, car si on l’élimine, on sait très bien que les pétrolières se la mettront dans les poches au lieu de baisser notre prix au litre.

LP

Documentation:
Le péage comme solution au financement du réseau routier

Opinion des Québécois quant au financement du réseau routier :: Sondage IEDM-Journal de Montréal-Léger Marketing, septembre 2007
Sondage Léger Marketing – Les Québécois sont prêts pour un retour des péages :: Communiqué de presse, 11 octobre 2007
La Presse, jeudi le 18 octobre 2007
Les prix de l’essence et du pétrole, les taxes et les consommateurs

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Le Payage des autoroutes.

Personnellement le payage au niveau des autoroutes y'a pas de problème en soit mais il faut qu'il existe une voie de contournement pour ceux qui ne veulent pas payer et faut aussi que les économies encouru avec ces payage soit redonner indirectement en économie au automobiliste.

Mais la seule choses qui me dérange dans le fait d'avoir des routes à paéyage c'est que nous fournissont déjà beaucoup pour le système routier, soit en payant nos plaques, l'essence, les contraventions encouru sur ces même routes, etc. Me semble qu'avec tout ce financement que nous fessons au niveau du gouvernement nous ne devrions pas payer en plus pour utiliser les routes....

Je comprend que nous avons pas réussi à entretenir convenablement les routes du Québec et que ceux-ci sont dans un état déplorable, mais c'est seulement à cause que les gouvenements qui ont diriger le QC dans les dernières années ont pris les sommes qui était payé par les utilisateurs pour les mettre dans d'autre ministère (santé, finance (service de la dette), éducation) Donc c'est encore au automobiliste à payer pour tout mais nous n'avons pas en retour des routes bien entretenu et en plus va falloir payer pour remplir les poches de d'autre compagnie...

Pas de problème au payage... mais au moins données nous une possibilité d'économiser à quelques part...

Anonyme a dit…

Il faudrait aussi améliorer grandement le service ferroviaire, autant pour les trains de marchandises que pour ceux de passagers, et une fois ceci effectué, augmenter le péage en conséquence pour les camions-remorques, dont le nombre a cru exponentiellement sur nos routes au détriment de celles-ci depuis les années 70.

Anonyme a dit…

Bravo Louis-Philippe, continue tu fais du bon boulôt, Dorice
suggestion de site : www.placeunique.com

Anonyme a dit…

Quand on pense aux services de la dette et le financement de la guerre annuelle, il est normal mais complètement idiot de manquer d'argent pour les routes, les hôpitaux et la famine dans le monde, etc...On pourrait en parler longtemps mais cela ne changerait rien tant que l'argent ne sera pas bien distribué. Mais cela est très bien de souligner les impôts que l'on paie directement sur notre salaire et aussi les impôts cachés comme celle sur l'essence qui ne sera surement pas enlevé même avec les Autoroutes à Péage.
Dorice

Anonyme a dit…

Effectivement le problème des routes et autoroutes au québec est beaucoup plus profond que les routes à payages.

Nous sommes beaucoup moins sévères avec les camineurs que les autres province ou état ce qui n'aide pas à la détérioration de nos routes..

Mais il ne faut pas oublier aussi les routes qui ont été bacler et qui ne dure pas aussi longtemps qu'il le devrait.

Sérieusement... si on pourrait rendre imputable (comme on le fait en europe) les entrepreneurs pour les rendre responsables de leur travaux... mettre une responsabilité de 10 ans sur l'état de la route... me semble que la job serait mieux faite !

Je me souvient d'un bout d'asphalte sur la 20 près de chez nous et 3 mois plus tard des morceaux d'asphaltes partait et c'est les gars du MSSS qui arrangait l'asphale l'année d'après...

Il y a aussi tout le transport qui faudrait revoir car le transport en générale à des lacune, au niveau du transport en commun, les moyens alternatif, etc, etc.
(auteur du premier commentaire anonyme)